L’absence prolongée de Paul Biya : quand le Cameroun s’interroge sur son avenir
Depuis le 7 juin, une question traverse le Cameroun : où se trouve vraiment le pouvoir ? Le président Paul Biya, en poste depuis 1982, est en Suisse pour plus de soixante-cinq jours. Une absence record qui soulève des doutes sur sa capacité à diriger le pays à distance et relance les débats sur sa succession.
Genève, nouveau centre de décision du Cameroun ?
L’hypothèse d’un pouvoir camerounais piloté depuis Genève prend de l’ampleur. Le président, absent physiquement depuis le début du mois de juin, signe des décrets et prend des décisions depuis la Suisse. Une situation inédite pour un dirigeant en poste depuis plus de quatre décennies, dont la santé fait régulièrement l’objet de rumeurs.
Dans les rues de Yaoundé, Douala ou Bamenda, les Camerounais s’interrogent : comment un chef d’État peut-il exercer ses fonctions sans présence visible ? Les critiques de l’opposition s’intensifient, tandis que le gouvernement tente de rassurer en évoquant une « convalescence » discrète.
Silence officiel et spéculations : un climat de méfiance s’installe
Les autorités camerounaises multiplient les communiqués pour apaiser les inquiétudes, mais l’absence prolongée de Paul Biya alimente les spéculations. Certains y voient le signe d’une incapacité à gouverner, d’autres évoquent des raisons médicales non divulguées. Les réseaux sociaux bruissent de théories, des plus raisonnables aux plus farfelues.
Le gouvernement camerounais, par la voix de ses porte-parole, assure que « tout va bien » et que le président exerce ses fonctions normalement. Pourtant, les images et vidéos du chef de l’État se font de plus en plus rares, renforçant le sentiment d’un pouvoir en suspens.
L’opposition en embuscade
Les partis d’opposition, déjà en proie à des divisions internes, voient dans cette absence une opportunité. Certains appellent à une transition pacifique, tandis que d’autres dénoncent un « vide constitutionnel » dangereux. Les questions fusent : qui prend les décisions en l’absence du président ? Comment garantir la stabilité du pays ?
Sans réponse claire de la part des autorités, les débats restent vifs. Les Camerounais, habitués à un pouvoir centralisé autour de Paul Biya, se retrouvent face à une incertitude inédite. Et si Genève devenait, malgré elle, le nouveau cœur du Cameroun ?